Dead doll blues

 

Ayame regardait les corps alignés derrière le verre. Des œuvres de cybernétique figées au stade du prototype, vouées désormais à n’abriter qu’un vide. Cariatides nues, pétrifiées il y a longtemps et oubliées dans cette galerie.

Leurs yeux ouverts sur des iris vagues.

Et rien qui murmure derrière les os.

Elles étaient simplement là, offertes aux ombres d’un musée caché de Shinjuku. On les avait immergées dans des cylindres de stase remplis à ras bord d’un nanofluide censé les maintenir en parfait état jusqu’à ce qu’il ne reste plus assez de visiteurs pour s’intéresser à elles.

Ayame les sentait glisser sous son regard comme autant d’enveloppes lisses que tout désir pouvait habiter : volonté de puissance ou d’immortalité, la simple beauté physique, un vague besoin d’humanité ou, peut-être, une réponse à la solitude dans une banlieue morte de Chiba. Quelle que soit votre obsession, le zaïbatsu Shenzeï-Kuroda pouvait toujours modeler sa forme. Il ne vous restait plus qu’à lui inventer un futur.

Tokyo Monogatari

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s