Nous vivons dans un monde en accélération permanente. Les cultures naissent, prospèrent et s’effondrent plus vite que les individus qui les ont bâties. L’immortalité de fait procurée par la technologie du memories backup a placé l’homme dans une situation où il voit défiler sous ses yeux un monde sans cesse changeant. Ne pas accepter ces mues c’est lutter en vain contre la force d’expansion évolutionnaire. Si nous étions encore limités par la mort, comme un siècle auparavant, alors nous pourrions refuser de suivre le mouvement tels de vieux cons réacs ou des bioconservateurs assis sur leur manuel du parfait Homo Sapiens. Ça n’est plus possible. Quels sont les choix restants ? S’isoler toujours davantage, s’abstraire du monde en se cachant au sein d’une communauté où tout le monde partage les mêmes conceptions figées, ou s’exiler dans un espace virtuel, une altérnité avec un design aux petits oignons. On peut toujours se reconfigurer, bien sûr. S’épargner le conflit moral. C’est une chose toujours difficile à concevoir pour un ego bien ancré. Mais un posthumain, lui, doit prendre le parti de bouleverser régulièrement son paysage mental s’il ne veut pas être laissé au bord du chemin.

Ayame Takemura, Rencontre avec K, année 21…
Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s