Lone Rose Hotel

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L’entrée de l’hôtel était d’une blancheur sanitaire. La lumière en sortait, douce et ronde et, lorsqu’Ayame franchit le seuil, cette douceur parut se transmettre au matériau, un plastique semi-translucide qui disait : chaleur, confort, refuge. Aucun angle vif mais la bienveillance d’un berceau de maternité. Les lignes se fondaient dans le moelleux des murs et du sol. Ayame passa devant l’accueil automatisé et une porte s’ouvrit en chuintant devant elle.

 

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Dans le couloir des numéros, peints à l’extrémité de courtes lignes blanches, chacune désignant un cercueil. Ils étaient vides, tous. Des cercueils rangés en ruche, une ligne empilée sur une autre ligne. A l’intérieur, derrière le verre très propre (on sentait une vague odeur de nettoyant alcoolisé), des univers de poche faits de ouate, de coton et de couleurs rassurantes.

Numéro 414 : une femme en kimono et obi tournait le dos au couloir. Ayame se demanda à quoi elle rêvait. Quelle vision du futur la visitait.

 

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Ayame se plaça face au cercueil, s’agenouilla de manière protocolaire, tapa contre la vitre. Puis elle tendit son katana à deux mains et un faisceau en balaya les kanjis invisibles gravés sur le fourreau. L’oeil droit de la Devineresse (Uranaishi 占い師 ) reprit alors l’aspect conventionnel garanti par le fabricant.

Tokyo Monogatari

(http://cyberpunkculture.tumblr.com)

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