Rōnin (浪人)

  Une femme est assise dans le métro qui file entre Nippori et Ueno. Elle est jeune et grande, plus que les autres femmes et que certains hommes. Tout autour d’elle il y a un vide que personne n’ose combler. À chaque station, on se tasse un peu plus, et tandis que s’avance le crépuscule,…

Shisei asa

  La freeway du matin est épaisse comme une confiture. Malgré l’affluence, Ayame surfe sur le bitume avec la tranquille assurance d’une voiture de flic, couchée sur son fauve à robe sombre. Le souffle de l’air soulève son manteau, tend dans ses six heures deux ailes de nanotextile triple tissage, fluide comme une soie indienne….

Lone Rose Hotel

  L’entrée de l’hôtel était d’une blancheur sanitaire. La lumière en sortait, douce et ronde et, lorsqu’Ayame franchit le seuil, cette douceur parut se transmettre au matériau, un plastique semi-translucide qui disait : chaleur, confort, refuge. Aucun angle vif mais la bienveillance d’un berceau de maternité. Les lignes se fondaient dans le moelleux des murs…

Pixel juices

“Then people began to vibrate, as if the edges of their bodies started to resonate with the background. Ayame saw silhouettes, all the silhouettes that swam in the magma of Akihabara, splitting into light shadows. She saw layers appeared in the wake of the Tokyoites. Almost transparent layers that seemed to await a liberation. In a…

Zen by wire

In the Pavilion of the God of the Wind, Ayame waited for dawn at the bedside of Alexandros. In a sure movement, she separated the connection cables from his spinal cord. The tendrils of the optical fiber slid out of the epidermis and retracted into the flexible sheath, interrupting a dataflow of 100Tbit / s….

Dans le pavillon du Dieu du Vent

  La joue d’Alexandros, tout juste quittée par la lame, avait sous ses doigts la texture lisse d’une feuille de lotus. Ayame imagina son visage, blanc et très calme, au moment où il remontait à la surface et la soulevait comme une étoffe, avant qu’elle ne se déchire soudain. Des gouttelettes roulaient sur son front…

Sergii Golotovskiy